systemd

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systemd est un gestionnaire de système / service. Il permet entre autre un démarrage en parallèle, à la demande, par activation D-Bus ou socket, un suivi des services etc.

Sommaire


systemd est installé et activé par défaut sur les nouvelles installations depuis octobre 2012.

Important: Si vous utilisez encore sysvinit/initscripts, reportez vous à la section migration depuis initscripts.

Configuration

Reportez-vous à la catégorie configuration pour la configuration de votre système.

Le comportement du programme systemd quant à lui, se configure à l'aide du fichier /etc/systemd/system.conf. Mais hormis pour des raisons de debug, vous n'aurez certainement pas à y toucher.

Commandes

systemd fournit un large panel de commande qui vous permettent d'avoir des informations ou de modifier l'état de votre système. Sans être exaustif, voici les plus importantes :

  • systemctl : contrôle systemd et gère les unités.
  • journalctl : consultation du journal de systemd.
  • loginctl : contrôle des sessions utilisateurs (systemd-logind).
Astuce: Les pages de manuel de systemd sont assez bien fournies et donnent un aperçu des commandes (pages en section 1) disponibles.

Système

Les actions sont envoyées en utilisant la commande systemctl :

Redémarrer ou arrêter :

systemctl reboot
systemctl poweroff
Astuce: Si systemd-sysvcompat est installé, vous pouvez directement utiliser les commandes reboot, poweroff, …

Mettre en veille ou en hibernation :

systemctl suspend
systemctl hibernate
Note: Pour configurer l'hibernation, consultez également les parties hooks et réveil. N'oubliez pas de refaire l'image.

Unité

Une unité représente un fichier de configuration. Entre autres, une unité peut être un service (*.service), un target (*.target), un montage (*.mount), un socket (*.socket)…

  • Liste les unités:
systemctl
systemctl list-units
  • Démarrer, arrêter, redémarrer ou recharger une unité:
systemctl start <unit>
systemctl stop <unit>
systemctl restart <unit>
systemctl reload <unit>
  • Voir son statut:
systemctl status <unit>
  • Activer, désactiver une unité au démarrage:
systemctl enable <unit>
systemctl disable <unit>
  • Lister les dépendances d'une unité:
systemctl list-dependencies [<unit>]
Note: Il faut utiliser le nom du fichier d'une unité en entier, exemple:
systemctl restart avahi-daemon.service

Néanmoins, certains raccourcis d'écriture sont disponibles:

  • sans suffixe, systemctl présume qu'il s'agit d'un .service. Ainsi, dbus et dbus.service sont équivalents:
systemctl status dbus
  • un point de montage est automatiquement retranscrit en l'unité .mount appropriée. Par exemple /home est équivalent à home.mount:
systemctl status /home
  • de la même manière, un périphérique est retranscrit en l'unité .device appropriée. Ainsi, /dev/sda2 est équivalent à dev-sda2.device:
systemctl status /dev/sda2
  • Recharger la configuration des services (après modification d'une unité):
systemctl daemon-reload

Les unités peuvent correspondre à des instances d'un fichier template, ceci permet d'avoir un fichier de configuration pour plusieurs unités. Ces unités sont reconnaissables par le @ inclus dans leur nom. Un exemple concret est le service dhcpcd@.service. Ce dernier permet d'activer le DHCP sur une interface :

systemctl start dhcpcd@eth0.service

Pour activer le service au démarrage :

systemctl enable dhcpcd@eth0.service

Services

Un service est une unité ayant comme suffixe .service. La page Services fournit une liste non exhaustive des principaux services que vous pouvez lancer (cf. colonne systemd).

Target

Un target est une unité particulière, elle permet de regrouper d'autres unités. Son nom de fichier prend le suffixe .target.

Les targets permettent de fournir l'équivalent des niveaux d'exécution (runlevel) de sysvinit :

SystemVinit Runlevel Systemd Target Notes
0 runlevel0.target, poweroff.target arrête le système
1, s, single runlevel1.target, rescue.target mode single user.
2, 4 runlevel2.target, runlevel4.target, multi-user.target Mode défini par l'utilisateur, identique au 3 par défaut.
3 runlevel3.target, multi-user.target Multi-utilisateur, non graphique.
5 runlevel5.target, graphical.target Multi-utilisateur, en mode graphique.
6 runlevel6.target, reboot.target Redémarre
emergency emergency.target Shell d'urgence

Vous pouvez voir ce que regroupe un target en lançant :

systemctl show -p Wants -p Requires <target>

Par exemple, on peut voir que graphical ne fait que rajouter un gestionnaire de connexions en plus de multi-user (systemd-update-utmp-runlevel.service n'étant là que pour mettre à jour le runlevel) :

$ systemctl --no-pager show -p Wants -p Requires graphical.target
Requires=multi-user.target
Wants=display-manager.service systemd-update-utmp-runlevel.service

Pour changer de target, par exemple pour passer au multi-user, lancez l'une de ces commandes:

systemctl isolate multi-user.target
systemctl isolate runlevel3.target
telinit 3

Le target par défaut à l'installation est graphical :

$ readlink /usr/lib/systemd/system/default.target
graphical.target

Pour spécifier un autre niveau par défaut, par exemple le multi-user :

systemctl -f enable multi-user.target

Diagnostic

Vous pouvez à tout moment avoir des informations sur l'état des unités avec la commande :

systemctl status <unit>

Erreur au chargement

Exemple: service installé mais non fonctionnel

Par défaut, le target graphical est sélectionné, ceci dit, même si un gestionnaire de connexion est installé, il ne démarre pas :

$ systemctl -t service -a --full | grep error
display-manager.service   error  inactive dead        display-manager.service
$ systemctl status display-manager.service
display-manager.service
	  Loaded: error (Reason: No such file or directory)
	  Active: inactive (dead)

systemd ne trouve pas de display-manager.service parce qu'on ne lui en a indiqué aucun. Si vous avez installé slim par exemple :

# systemctl enable slim.service
ln -s '/usr/lib/systemd/system/slim.service' '/etc/systemd/system/display-manager.service'

Et là :

$ systemctl status display-manager.service
slim.service - SLiM Simple Login Manager
	  Loaded: loaded (/usr/lib/systemd/system/slim.service; enabled)
	  Active: inactive (dead)
	  CGroup: name=systemd:/system/slim.service

Vous n'aurez plus qu'à le lancer :

systemctl start display-manager.service

Exemple: service non installé

Si systemd liste des services qui se rapportent à des logiciels non-installés sur la machine, par exemple :

$ systemctl -t service -a --full | grep error
auditd.service                 error  inactive dead        auditd.service
plymouth-quit-wait.service     error  inactive dead        plymouth-quit-wait.service
plymouth-start.service         error  inactive dead        plymouth-start.service
syslog.service                 error  inactive dead        syslog.service

Vous pouvez les masquer avec la commande suivante:

 systemctl mask auditd.service plymouth-quit-wait.service plymouth-start.service syslog.service
Important: Faites bien attention quand vous masquez ces services, car cela empêche leur activation, même manuellement. Avant de les réutiliser, vous devrez les «démasquer»:
systemctl unmask auditd.service

Erreur au lancement

$ systemctl --failed
UNIT                LOAD   ACTIVE SUB    JOB DESCRIPTION
dhcpcd@eth0.service loaded failed failed     dhcpcd on eth0

LOAD   = Reflects whether the unit definition was properly loaded.
ACTIVE = The high-level unit activation state, i.e. generalization of SUB.
SUB    = The low-level unit activation state, values depend on unit type.
JOB    = Pending job for the unit.

1 units listed. Pass --all to see inactive units, too.
# systemctl status dhcpcd@eth0.service
dhcpcd@eth0.service - dhcpcd on eth0
	  Loaded: loaded (/usr/lib/systemd/system/dhcpcd@.service; disabled)
	  Active: failed (Result: exit-code) since Tue, 31 Jul 2012 15:09:03 +0200; 2min 58s ago
	 Process: 1251 ExecStart=/sbin/dhcpcd -A -q -w %I (code=exited, status=1/FAILURE)
	  CGroup: name=systemd:/system/dhcpcd@.service/eth0

Jul 31 15:09:03 archtest dhcpcd[1251]: dhcpcd already running on pid 311 (/run/dhcpcd-eth0.pid)

Un autre dhcpcd est en cours :

$ ps h -C dhcpcd -o cgroup
3:cpuacct,cpu:/system/wicd.service,1:name=systemd:/system/wicd.service

C'était à des fins de tests, wicd.service était lancé.

Démarrage

Vous pouvez avoir un aperçu de ce qui est démarré et le temps que ça prend avec la commande systemd-analyze.

Note: Cette commande a besoin de python2-cairo, python2-gobject et python2-dbus, installez-les si ce n'est pas déjà le cas.
$ systemd-analyze
Startup finished in 5421ms (kernel) + 11246ms (userspace) = 16668ms
$ systemd-analyze blame
3421ms wicd.service
  1278ms systemd-remount-fs.service
  1154ms systemd-logind.service
  1033ms systemd-vconsole-setup.service
   873ms sys-kernel-debug.mount
   859ms dev-hugepages.mount
   845ms systemd-udevd.service
   795ms dev-mqueue.mount
   502ms console-kit-daemon.service
   380ms systemd-udev-trigger.service
   339ms upower.service
   251ms systemd-tmpfiles-setup.service
   235ms systemd-user-sessions.service
   232ms systemd-sysctl.service
   187ms udisks2.service
   117ms home.mount
   112ms console-kit-log-system-start.service
     5ms tmp.mount
     3ms sys-fs-fuse-connections.mount

Ou encore, un aperçu graphique :

systemd-analyze plot > plot.svg

Montage

Si vous avez des périphériques non forcément connectés lors du démarrage et que vous les spécifiez dans /etc/fstab, n'oubliez pas de rajouter l'option nofail pour ne pas vous retrouver avec un démarrage bloqué.

Note: L'option nofail n'est pas valable pour les types dépendant de fuse (ntfs-3g, cifs, etc.) et les partitions sur le réseau sont gérées différemment, systemd peut démarrer sans.

systemd a un timeout de 90 secondes par défaut, ce n'est qu'après ce temps qu'il vous informe d'un échec :

[ TIME ] Timed out waiting for device dev-sdb1.device
[DEPEND] Dependency failed for /media/disque_usb_1

et vous donne la main :

Welcome to emergency mode. Use "systemctl default" or ^D to enter default mode.
Give root password for maintenance
(or type Control-D to continue):
Important: Le Ctrl-D ou le systemctl default reprendra là où systemd s'est arrêté. Si vous n'avez fait aucun changement, vous allez repartir pour 90s d'attente.

Pour remédier temporairement au souci, vous pouvez éventuellement utiliser le shell d'urgence (celui que vous aurez une fois le mot de passe root entré) :

systemctl mask media-disque_usb_1.mount
# ne pas oublier de le 'unmask' une fois le souci réglé
systemctl default

Le démarrage devrait continuer. Mais pour une solution plus pérenne, modifiez la ligne concernant ce périphérique dans le /etc/fstab en rajoutant nofail:

/dev/sdb1 /media/disque__usb_1 auto defaults,nofail 0 0

Journalisation

systemd possède son propre mécanisme de journalisation, syslog n'est plus requis par défaut.

Visualiser

Important: Seul le root et le groupe systemd-journal peuvent visualiser le journal.

Pour accéder au log :

journalctl
# ou si vous voulez les messages d'un seul service
journalctl -u wicd
# ou alors par PID
journalctl _PID=1
# ou même par exécutable
journalctl /usr/sbin/dhcpcd

Vous pouvez aussi accéder au journal d'une unité spécifique par le biais de systemctl status :

systemctl status wicd.service

Ou obtenir les logs depuis ou jusqu'à une date précise, à l'aide respectivement de --since ou --until:

#journal du jour:
journalctl --since="today"
#jusqu'à une date donnée (par exemple au 20 février 2013, 12h30):
journalctl --until="2013-02-20 12:30:00"
#ou dans un intervalle précis (par exemple le 15 mars 2013 entre 13h et 13h10min30s):
journalctl --since="2013-03-15 13:00:00" --until="2013-03-15 13:10:30"

journalctl permet aussi de filtrer par le niveau de log (tel que défini par syslog). Pour n'afficher que les erreurs :

journalctl -p err

Vous pouvez voir les pages de manuel de journalctl et systemd.journal-fields pour plus d'informations.

Astuce: Par défaut, l'installation de systemd crée un répertoire /var/log/journal qui contiendra les logs du système. Ainsi, ils seront conservés même après un redémarrage. Vous pouvez éventuellement utiliser l'option NoExtract de pacman.conf si vous ne voulez pas avoir un journal persistent.

Taille

Vous pouvez limiter la taille maximum du journal (par défaut à 10% de la taille du système de fichier). Pour la fixer à 50 Mio par exemple :

Fichier: /etc/systemd/journald.conf
SystemMaxUse=50M

En fixant une limite par fichier, vous aurez un équivalent de logrotate (par défaut, il garde 7 rotations):

Fichier: /etc/systemd/journald.conf
SystemMaxUse=50M
SystemMaxFileSize=10M

syslog

Si vous voulez avoir syslog en parallèle avec journald (pour avoir des fichiers texte par exemple), il suffit d'installer syslog-ng, puis de l'activer :

systemctl enable syslog-ng.service

Migration depuis initscripts

Important: Le support pour initscripts est abandonné (voir annonce). Il est donc impératif de mettre votre Arch en conformité en faisant la transition vers systemd pour conserver une Arch opérationnelle !

Configuration

Note: Le paquet systemd devrait déjà être présent sur votre système. Si ce n'est pas le cas, installez-le.

Si ce n'est pas encore fait, il vous faut configurer votre système indépendamment du fichier /etc/rc.conf. Les pages de la catégorie configuration donnent plus de détails, néanmoins voici un aperçu du minimum à modifier si votre configuration est toujours dépendante de /etc/rc.conf :

  • /etc/hostname : Nom de la machine
mamachine
  • /etc/vconsole.conf : Configuration de la console.
KEYMAP=fr-latin9
FONT=
FONT_MAP=
LANG=fr_FR.utf8
LC_COLLATE=C
  • /etc/localtime ou /etc/adjtime : Fuseau horaire.
  • /etc/modules-load.d/*.conf et /etc/modprobe.d/*.conf: Gestion des modules

Démarrer sur systemd

Garder sysvinit

Vous pouvez essayer systemd tout en gardant le système d'init précédent. Pour cela, il faut rajouter init=/usr/lib/systemd/systemd à la fin de la ligne du noyau dans le menu de démarrage de votre chargeur d'amorce (généralement il s'agit de la ligne qui commence par kernel ou linux).

Supprimer sysvinit

Vous pouvez aussi supprimer sysvinit en installant systemd-sysvcompat. Vous n'aurez plus besoin de spécifier init= sur la ligne du kernel. De même, l'ensemble des commandes de sysvinit (init, reboot, poweroff, …) seront des liens vers systemd.

Gestion des services

Important: Vous devrez avoir redémarré pour commencer à utiliser les différents outils de systemd.

Le fonctionnement des services est le suivant:

  • pour lancer un service au démarrage (vos anciens DAEMONS du /etc/rc.conf + interface graphique du /etc/inittab):
systemctl enable leNomDuService 

Voir Services pour les plus communs.

Astuce: Ceci est inutile pour certains services qui sont lancés automatiquement (comme dbus ou netfs). L'ordre de lancement ou le lancement en arrière plan n'a aucune importance, systemd est là pour optimiser la chose.
Attention: Ne pas oublier de lancer son interface graphique de la même façon, que vous passiez par un gestionnaire de connexion graphique ou directement par startx.
  • pour contrôler un service depuis la session en cours (équivalents du rc.d start/stop/etc.):
systemctl start/stop/etc. Le_nom_du_service.

Veillez donc à lancer les services que vous utilisiez.

Reportez-vous aux utilisations pour plus de détails.

Supprimer initscripts

initscripts n'étant plus supporté, (il n'est d'ailleurs plus présent dans les dépôts), vous devriez vous assurer de ne plus l'utiliser et le supprimer :

pacman -R initscripts

Réseau

Si vous utilisez un gestionnaire de connexions, vous n'aurez qu'à lancer le service comme présenté précédemment.

Si vous utilisiez le service network, en statique ou dynamique, voyez comment procéder.

Autres

  • systemadm: une interface graphique pour contrôler systemd fournie dans systemd-ui-git disponible sur AUR (elle est encore loin d'être terminée, à utiliser à vos risques et périls.)
  • logind : gestionnaire de sessions utilisateurs.
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